35 ans du CAR : Robert Date revendique les acquis démocratiques du parti
Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a célébré, jeudi 30 avril 2026 à Lomé, le 35ᵉ anniversaire de sa création à travers son traditionnel rendez-vous mensuel dénommé « Jeudi Politique ». Une rencontre marquée par un hommage au fondateur du parti, feu Maître Yaovi Agboyibo, mais également par un appel à la « cogestion » pour sortir le Togo de l’impasse politique.
Placée sous le thème « Le CAR : 35 ans de lutte politique, les acquis et les perspectives », la rencontre a réuni militants, sympathisants et responsables politiques autour de la direction actuelle du parti conduite par Robert Date. Plusieurs personnalités ont également pris part à la cérémonie, notamment Togbui Dagban Akoété Ayivon IV, chef traditionnel d’Adakpamé et ancien cadre influent du CAR, ainsi que des représentants d’autres formations politiques, dont la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP). À travers cette célébration, le parti a voulu rappeler qu’il demeure actif sur l’échiquier politique togolais, neuf ans après la disparition de son fondateur, Maître Yaovi Agboyibo, figure historique de l’opposition togolaise.
Dans une déclaration officielle lue par le président du parti, Robert Date, le CAR a retracé son parcours depuis sa création le 30 avril 1991. Le parti a rappelé que son objectif initial était « d’apporter par une méthode non violente la démocratie au peuple togolais ».
Le CAR a rendu hommage aux militants et acteurs politiques décédés au cours de la lutte démocratique avant de revenir sur les acquis qu’il estime avoir obtenus au fil des décennies. Parmi ceux-ci, le parti cite notamment le bulletin unique de vote, la carte d’électeur avec photo numérique ainsi que la loi sur la décentralisation et les libertés locales.
Le parti a également salué le rôle joué par feu Maître Yaovi Agboyibo dans les différents processus de dialogue politique au Togo, évoquant notamment les « 22 engagements » et l’Accord politique global (APG).
Un regard critique sur la gouvernance actuelle
Au-delà du caractère commémoratif, la déclaration du CAR s’est voulue particulièrement critique à l’égard de la gouvernance actuelle du pays. Le parti dénonce une dégradation continue de la situation sociopolitique ainsi qu’une banalisation de la corruption. « La gouvernance du pays va de mal en pis et la corruption est devenue la règle », a déclaré Robert Date au nom du Comité directeur.
Le CAR a notamment évoqué des présumées irrégularités dans certaines régies financières et dénoncé des taxes qui, selon lui, ne figureraient pas dans le budget de l’État. Le parti appelle également à un audit de la gestion financière des 117 communes entre 2019 et 2025. Dans le même registre, le CAR a relancé sa proposition d’exonération des motos des taxes de péage afin de soulager les populations confrontées aux difficultés économiques. Le parti estime par ailleurs que le gouvernement devrait davantage lutter contre l’évasion fiscale au lieu de multiplier les emprunts.
S’adressant aux populations, le CAR a dressé le tableau de « 35 ans d’espoir déçu » et de « rêves non réalisés », tout en invitant les Togolais à privilégier une voie politique basée sur le courage, la responsabilité et l’amour de la patrie. Dans sa déclaration, le parti oppose symboliquement « la voie de la gauche », associée à « la haine, l’injure, la diffamation et le mensonge », à « la voie de la droite », présentée comme celle du courage et de la détermination. Le CAR réaffirme surtout son attachement à la « cogestion », qu’il considère comme la seule alternative capable de permettre au Togo de sortir durablement de ses crises politiques. « Toute élection organisée dans notre pays sans cogestion est vouée à l’échec », soutient le parti.
Au terme de cette célébration, le CAR a exprimé le vœu de voir émerger une nouvelle génération politique capable de conduire le pays vers davantage de stabilité, de justice et de prospérité.